CE MYSTÉRIEUX SENTIMENT DU DESTIN QUI
DONNE UNE PROFONDEUR EXCEPTIONNELLE À
TOUT CE QUE J’ENTREPRENDS.

Les Romains avaient le sentiment du destin. Nulle part ailleurs eût pu naître Le songe de Scipion,
Si tu veux tracer ton sillon droit, accroche ta charrue à une étoile.
Ces hommes voyaient loin. Ils luttèrent de toutes leurs forces contre le christianisme qui venait les corrompre au nom du péché juif, mais ils succombèrent à une dose massive de poison spirituel.
Les Romains n’avaient pas de convictions métaphysiques profondes. Ils étaient à la merci des Grecs et des Juifs, les deux seuls peuples pensants de l’époque. L’idée d’une historicité de la vie vint balayer leur croyance fondamentale au destin. La sibylle de Cumes parlait pour les vivants et les morts.
Mais Pierre et Paul se mirent à parler d’une Histoire Sainte. La linéarité venait de faire irruption dans le temps. Adieu la belle circularité hellénique !
Désormais, il y aurait un avant Jésus-Christ et un après Jésus-Christ, bref, un chemin, une voie, un but temporel, une fin dernière, un jugement dernier, un retour de Jésus.
Nous venions de perdre le sens de l’absolu dans le présent. La faute exigeait un avenir pour se racheter.
Nous allions toujours être projetés en avant, plus vite, plus loin. L’idée du progrès venait de naître. Adieu Platon !
Vive le scientisme !
André Moreau – Le Cosmos Intérieur

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